« Laurie Lit » a aimé « L’enfant tombée des rêves »

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« Laurie lit » a aimé « L’enfant tombée des rêves ».

Voici un extrait de la chronique :

 » J’ai d’abord beaucoup aimé les mots de ce livre. C’est vrai que dans nos têtes y’a bien du balagan parfois et qu’un Croquebal serait le bienvenu. Emilie aime les mots, elle les enregistre, les déchiffre :

« Je les classe. J’enregistre et je collectionne parce que pour moi les mots ne se résument pas à un simple alignement de lettres permettant de communiquer. Ils sont bien plus que cela. (..) Chacun d’entre eux a une odeur, une couleur, un caractère, une forme particulière. Le mot « périclite » a par exemple un parfum très acide, façon jus de citron, et la forme d’un tamarin (pas le fruit, le singe). « Procrastination » sent l’acra de morue et a une tête de Flanby. « Mécénat » dégage des effluves de café bien fort et se présente sous l’apparence d’un vieux monsieur très chic, vêtu d’une cravate en tricot indigo et de chaussettes en soie violette, comme les évêques »

Et tout au long du livre, l’auteur glisse des remarques comme celles-ci autour des mots.« complexe, un mot bourré d’acné ». Ceci apporte une profondeur et de jolies réflexions au lecteur. Le personnage d’Emilie est très touchant et nous montre à quel point les enfants sentent ce que les adultes leur cachent. On sent la mère d’Emilie incapable de parler à sa fille, meurtrie dans son coeur et ce père, tellement rigide, certes distant mais aimant.  Emilie échange peu avec les autres, que ce soit dans sa famille (elle nous parle de Victor, son frère, mais on ne le croise jamais en tant que lecteur), ou à l’école (l’auteur décrit avec une profonde justesse la violence des relations au lycée, pourquoi un élève est rejeté par les autres et ce qu’il ressent). Du coup le peu de mots qu’Emilie reçoit sont une décharge pour elle.

« Mon père prononce ces mots – « tu m’emmerdes » – dès qu’on l’agace. Mais aujourd’hui, ils sont plus affûtés que d’habitude. Leurs lettres m’éraflent les joues comme des cailloux râpeux, elles m’arrachent les cheveux et meurtrissent les mains que je tens pour me protéger. »

L’histoire de Robert Repac en parallèle nous étonne. Ce solitaire, parti vivre en Islande, fuit quelque chose ou quelqu’un. Les anecdotes sur le mode de vie des Islandais, les croyances et la nature de ce pays sont décrits avec également beaucoup de justesse par l’auteur.

En résumé, un joli livre sur les mots, les non-dits, les secrets de famille avec des personnages très touchants.

« J’ai fini par comprendre que les secrets de famille font cela, aussi : des enfants qui fabulent. Des gamins qui ne vivent pas tout à fait dans le réel. Des petits démons doués de seconde vue, inventant des fantômes pour remplacer ceux qu’on leur cache. Combler les filiations manquantes. » « 

Pour lire la chronique dans son intégralité, cliquez-ici.

 

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