Roman
Je suis ici pour vaincre la nuit. Yo Laur (1879–1944)
Édition numérique — 12-21, éditions numériques d'Univers Poche
Initialement paru chez Fleuve éditions (2017).
Yo Laur, peintre, aventurière et résistante, est l'arrière-grand-tante de Marie Charrel. De ses années de bohème artistique entre les deux guerres à son engagement dans la Résistance, son destin la mène jusqu'à la déportation à Ravensbrück. À travers cette figure méconnue de sa propre famille, Marie Charrel signe un roman sur la mémoire, la transmission et le courage des femmes que l'Histoire a longtemps tenues dans l'ombre.
Autour du roman
Yo Laur, peintre animalière
Née Yvonne Brunel à Paris en 1879, fille du peintre animalier Alfred Brunel-Neuville, elle se forme auprès de son père puis du peintre Jean-Léon Gérôme avant d'intégrer les Beaux-Arts. Spécialisée dans les portraits de chats, elle expose au Salon des Artistes Français à partir de 1900 et en devient membre en 1908, sous le pseudonyme de Yo Laur.
De l'Algérie à la Résistance
En 1913, elle épouse l'aviateur et journaliste André Bellot, avec qui elle s'installe en Algérie ; sa peinture s'oriente alors vers les paysages et les portraits d'Afrique du Nord. Pendant l'Occupation, elle s'engage dans la Résistance. Le 24 juin 1944, la Gestapo perquisitionne son domicile et l'arrête.
Ravensbrück
Internée à la prison de Fresnes puis au fort de Romainville, Yo Laur est déportée vers le camp de concentration de Ravensbrück par le convoi du 15 août 1944. Elle continue d'y dessiner malgré les risques encourus ; ses dessins, témoins de la vie quotidienne des déportées, seront rapportés en France après la guerre par une codétenue. Elle meurt à l'infirmerie du camp le 11 novembre 1944, à l'âge de 65 ans.
L'art comme résistance
À Ravensbrück, plusieurs déportées utilisèrent le dessin et l'écriture comme actes de résistance clandestins. Germaine Tillion, ethnologue française déportée en octobre 1943, y composa une opérette satirique sur le quotidien du camp, Le Verfügbar aux enfers. La peintre lyonnaise France Audoul rapporta trente-deux croquis réalisés au camp ; d'autres dessins, cachés dans des valises ou confiés à des codétenues, furent ramenés en France après la libération et constituent aujourd'hui des témoignages irremplaçables. Les dessins de Yo Laur font partie de ces œuvres sauvées de l'oubli.