Qui est Marie Charrel ?

Romancière

Les premiers romans (2010–2018)

Marie Charrel publie son premier roman, Une fois ne compte pas (Plon, 2010), salué par la critique. Elle y affirme une écriture précise, portée par des personnages en quête d'eux-mêmes. Suivront L'Enfant tombée des rêves (Plon, 2014) et Les Enfants indociles (Éditions Rue Fromentin, 2016), qui confirment son regard sur les destins singuliers et les liens familiaux.

Des femmes dans l'Histoire (2017–2021)

À partir de 2017, Marie Charrel engage une œuvre plus ample, ancrée dans des épisodes méconnus ou refoulés du XXe siècle. Ses héroïnes — souvent des femmes libres, résistantes, oubliées — traversent des fractures historiques qui résonnent avec le présent.

Je suis ici pour vaincre la nuit. Yo Laur (1879–1944) (Fleuve éditions, 2017) retrace le destin de la peintre Yo Laur, aventurière et résistante, arrière-grand-tante de l'autrice, déportée à Ravensbrück. Une nuit avec Jean Seberg (Fleuve éditions, 2018) convoque le fantôme de l'actrice américaine broyée par le maccarthysme. Les Danseurs de l'aube (Éditions de l'Observatoire, 2021) ressuscite un frère et une sœur, danseurs de flamenco des années 1930, séparés par le nazisme.

Dans la même veine, La Fille de Lake Placid (Éditions Les Pérégrines, 2024), publié dans la collection « Les Audacieuses » qui raconte de façon romancée la trajectoire de femmes inspirantes, imagine la rencontre entre Joan Baez et Lana Del Rey.

La reconnaissance littéraire (2023–2025)

Les Mangeurs de nuit (Éditions de l'Observatoire, 2023) marque un tournant. Roman de nature writing imprégné de mythes autochtones, il se déroule dans les forêts pluviales de Colombie-Britannique et remporte cinq prix littéraires, révélant Marie Charrel à un public plus large.

Nous sommes faits d'orage (Les Léonides, 2025) confirme cette trajectoire. Plongée dans les montagnes albanaises sur les traces d'une mémoire familiale enfouie sous des décennies de dictature communiste, il reçoit plusieurs prix.

Qui a peur des vieilles ? (2021)

Avec cet essai paru aux Éditions Les Pérégrines, Marie Charrel interroge la place des femmes de plus de cinquante ans dans la société occidentale : leur invisibilisation, les injonctions contradictoires auxquelles elles sont soumises, mais aussi la liberté nouvelle que beaucoup découvrent passé ce seuil. Mêlant témoignages, analyses historiques et sociologiques, l'ouvrage s'est imposé dans le débat public sur l'âgisme et le féminisme.

Journaliste

Diplômée de l'Institut d'études politiques de Grenoble et de l'Institut pratique du journalisme (IPJ), Marie Charrel est lauréate de l'académie Prisma en 2006, distinction qui lui ouvre les portes de la rédaction de Capital. La même année, elle remporte le Prix Bayard des jeunes journalistes et le Prix AJIS de l'information sociale.

En 2013, elle rejoint Le Monde, où elle couvre la politique monétaire internationale et l'économie européenne. En 2015, elle reçoit le Prix du meilleur article financier dans la catégorie jeunes journalistes.