Essai

Couverture de l'essai « Radicales. Pourquoi l'extrême droite séduit les femmes ? » de Marie Charrel, Les Léonides

Radicales. Pourquoi l'extrême droite séduit les femmes ?

Broché — Les Léonides · 2026 · 304 pages · 21,90 €

Partout en Europe, des femmes se tournent vers les partis d'extrême droite. Elles militent, votent, soutiennent — et, ce faisant, contribuent à la dédiabolisation de formations longtemps perçues comme le domaine réservé de l'homme en colère.

Comment en est-on arrivé là ? Marie Charrel part à leur rencontre, en France comme dans d'autres démocraties européennes. Elle explore les ressorts de cet attrait : un contrecoup puissant à la déferlante #MeToo, l'opposition de deux imaginaires — celui de la tradwife face à celui de la féministe —, mais aussi des conditions d'existence marquées par la vie chère, le sentiment d'abandon et un besoin profond d'ordre et de réassurance.

À travers les témoignages de femmes comme Julie, vendeuse à temps partiel à Montceau-les-Mines qui s'apprête à voter RN en 2027, Radicales dresse un portrait intime et politique d'une France et d'une Europe en pleine recomposition.

Autour de l'essai

La tradwife : un imaginaire en pleine expansion

Née sur les réseaux sociaux anglophones au tournant des années 2010, la figure de la tradwife — contraction de traditional wife (épouse traditionnelle) — met en scène des femmes qui revendiquent le foyer, la soumission au mari et le refus du marché du travail comme un choix épanoui et librement consenti. Ces comptes, souvent très suivis, valorisent un modèle domestique et patriarcal présenté comme naturel, en opposition directe aux acquis du féminisme.

Ce phénomène dépasse largement la sphère numérique : il irrigue les programmes et les discours des partis conservateurs et populistes, qui y trouvent un vecteur de séduction auprès d'une partie de l'électorat féminin.

L'extrême droite au féminin en Europe

De Giorgia Meloni en Italie à Marine Le Pen en France, en passant par Alice Weidel à la tête de l'AfD en Allemagne, les partis d'extrême droite ont multiplié les figures féminines à leur sommet depuis les années 2010. Cette stratégie de féminisation de façade s'accompagne d'une réorientation rhétorique : moins de machisme assumé, plus de références à la famille, à la sécurité et à la souveraineté nationale. Une combinaison qui séduit au-delà des cercles militants traditionnels.

Des études électorales récentes montrent que l'écart de genre qui distinguait historiquement les partis de droite radicale — davantage votés par les hommes — se résorbe progressivement dans plusieurs pays d'Europe de l'Ouest.

#MeToo et ses contre-réactions

Apparu en 2017, le mouvement #MeToo a provoqué une prise de conscience massive sur les violences sexistes et sexuelles. Mais il a également suscité des contre-réactions virulentes, y compris chez des femmes qui perçoivent dans le féminisme contemporain une source de désordre social, de culpabilisation des hommes, voire d'atteinte à des valeurs jugées fondatrices. Marie Charrel analyse cette fracture générationnelle et de classe qui traverse les sociétés européennes.

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